Comment réussir ses super- photos d’intérieur

Comment réussir ses super- photos d’intérieur

Sous-titre: comment éviter les photos à dominante jaune…

J’ai une amie à qui je disais récemment je ne sais pas trop comment m’y prendre pour communiquer… je voulais dire:  faire des communications pour promouvoir mon site Mes-photos-se-livrent. Elle me répond: des sujets de communication? j’en ai plein, vue mon ignorance en photo… 1/ faire des photos par temps gris 2/ faire des photos en intérieur 3/ utilisation du flash 4/ photographier des enfants en mouvement. Bel exemple de quiproquo, mais je me suis tout de suite dit :”elle n’a pas tort, communique déjà sur ce qui intéresse les parents photographes et la communication viendra à toi ! Et la photo, c’est passionnant, alors pourquoi se priver d’en parler…

Après ce long préambule j’en viens directement au point qui est déterminant pour réussir vos photos en intérieur: la gestion de la lumière.

Pourquoi le syndrome de la photo jaune ?

Vous l’ignoriez peut-être, mais la lumière possède une couleur. La lumière n’est généralement pas blanche, elle possède une dominante colorée. D’un point de vue scientifique, la couleur de la lumière est en fait une température de couleur exprimée en kelvins.

4405 temperature de couleur

Or, la lumière des ampoules a une température d’environ 2400 à 4200 K°, selon le type d’ampoules. Vous voyez dans le spectre ci-dessus que cela correspond à une couleur orange ou jaune.

C’est donc pour cela que les photos en intérieur ont une fâcheuse tendance à prendre une dominante jaune, les bougresses !!

Une précision: quand en photo on parle de couleur chaude, on fait allusion à la position de la couleur sur le spectre ci-dessus. Ainsi on parle de lumière chaude pour les bougies et les ampoules (partie basse du spectre)  et de lumière froide pour tout ce qui se trouve en haut de l’échelle. Autrement dit: plus c’est élevé en degrés kelvins et plus c’est froid, encore un truc bien logique !!!

Heureusement pour vous aider à éviter le désagrément de la dominante jaune pour les photos en intérieur, il existe un réglage simple et facile à s’approprier: la balance des blancs.

La balance des blancs à la rescousse

Cette fonctionnalité de l’appareil photo sert à compenser les effets de couleur de la lumière. Je ne saurais pas expliquer comment, c’est surement très compliqué, mais pour le dire simplement, la balance des blancs neutralise la lumière afin que le blanc soit toujours du blanc et cela entraîne par la même occasion une restitution fidèle des autres couleurs. Si l’appareil photo détecte une lumière chaude, il décalera les couleurs vers l’extrémité froide du spectre. Et vice-versa.

Donc que faut-il faire ? Réponse: dans la plupart des cas: (presque) rien 🙂

En effet il existe un réglage de votre balance de blancs en mode automatique (symbole AWB pour Automatic White Balance sur Canon) qui fonctionne très bien tout seul la plupart du temps. Avec ce réglage, l’appareil photo est capable de corriger automatiquement la balance des blancs. Si vous êtes en mode tout automatique, il y sera d’office.

Pourquoi cet article alors ? Parce que de temps en temps cela ne fonctionne pas bien. Notre oeil humain, ce champion, est capable de compenser les fluctuations de couleur de la lumière dans pratiquement toutes les situations: en effet avant de lire cet article soupçonniez-vous que la  lumière avait une couleur ? Un peu comme Mr Jourdain qui faisait de la poésie sans le savoir, notre oeil humain compense à notre insu les variations de couleur de la lumière. D’où notre désagréable surprise quand on se rend compte que l’appareil photo, lui, a mal restitué ce qu’on a vu !

Quand faut -il régler la balance de blancs?

Je suppose que vous regardez toujours sur votre écran d’appareil la photo que vous venez de prendre ? Et bien si vous détectez un problème de restitution des couleurs, vous pouvez régler votre balance des blancs en appuyant sur le bouton WB (“White Balance”).

Votre appareil doit posséder plusieurs réglages qui correspondent aux différentes situations possibles : lumière du jour, ombre, nuageux, lumière tungstène (les ampoules classiques), lumière fluorescente (les néons), flash, et automatique. Il vous faudra choisir le réglage approprié ou au besoin faire quelques essais.

L’appareil photo va peiner surtout dans le cas de figure suivant:

– si la scène est éclairée par plusieurs sources produisant chacune une dominante différente. Dans ce cas-là, le mécanisme de balance des blancs peut se tromper.

Un exemple: en intérieur, ici dans un musée, avec un sujet éclairé  à la fois par la lumière du jour et par un éclairage artificiel (sont-ce des lampes à tungstène ? je n’arrivais pas à le voir).

 

 

1ère photo: la balance des blancs automatique s’est fait leurrer. L’appareil photo a réagi à la lumière du jour (dont la dominante est bleutée) et a réchauffé les teintes, d’où la coloration jaunâtre de l’ammonite.

2ème photo: il a suffi de modifier le réglage en passant de balance des blancs automatique à Tungstène (symbole d’ampoule) pour enlever la dominante jaune. Mais le résultat est un peu trop bleuté à présent.

3ème photo:  l’effet lampe à néon semblait le plus approprié dans ce musée.

Nota: le piège c’est que, sur canon en tout cas, en mode tout-automatique vous ne pourrez pas modifier le réglage de votre balance des blancs. Il vous faut donc choisir un mode dit “avancé”. Alors, lancez-vous ! Et si vous n’êtes pas sur de vous, prenez une première photo en tout-automatique, regarder le réglage d’ouverture choisi par l’appareil, puis mettez -vous en mode priorité ouverture (Av), choisissez le bon réglage de balance des blancs, la même ouverture et le tour est joué !

A savoir: si la scène est éclairée par plusieurs sources lumineuses, choisissez le réglage correspondant à la source la plus puissante.

Pour aller plus loin:

Vous êtes maintenant un pro des couleurs de la lumière et vous n’avez pas trouvé le réglage prédéfini permettant de compenser correctement le biais de couleur dans votre scène. Cela peut arriver avec les ampoules à basse consommation dont la température de couleur varie d’un modèle à l’autre. Dans ce cas certains appareils proposent d’établir un réglage personnalisé. Pour cela il vous faudra un papier blanc ou un carton gris neutre (disponible dans les boutiques de matériel photo pour être sur de votre coup…) et vous reporter à la notice détaillée de votre appareil pour voir comment personnaliser votre balance des blancs.  Cela en vaut la peine si c’est chez vous, car le réglage une fois établi est sauvegardé et peut être réutilisé.

Deuxième option: certains logiciels photo permettent de modifier le réglage balance des blancs après coup, même sur des photos en jpeg. Si vous êtes un “pro” qui photographie en “raw” (mais vous n’êtes surement pas en train de lire ceci), vous pourrez aussi faire très finement vos réglages à postériori depuis votre ordinateur pendant le post-traitement de vos photos…

Conclusion

Il existe aussi des possibilités créatives intéressantes avec ces réglages: par exemple pour la mise en scène de l’image à la une montrant mon fils volant tel un super héros dans le ciel (voir mon épingle sur Pinterest), je n’avais pas de drap bleu pour la photo… Mon fils était-il condamné à voler dans un ciel blanc ? Non, j’ai rajouté l’effet tungstène et le drap a pris une dominante bleue, car j’avais photographié avec la lumière du jour pour principale source…

Annie pour Mes-photos-se-livrent, société d’édition de livres photo

Ps: Pour écrire cet article, je me suis majoritairement inspirée de la notice de mon appareil photo… comme quoi pour progresser en photo il ne faut pas toujours chercher bien loin.

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