Expo Cartier Bresson à Pompidou: les derniers jours
Henri Cartier-Bresson à Paris en 1967. Courtesy Robert Delpire. © Magnum Photos / Collection HCB/FRM

Expo Cartier Bresson à Pompidou: les derniers jours

Bonjour à tous,

C’est bientôt la fin de l’exposition Henri Cartier Bresson à Pompidou qui se termine le 8 juin.

Ayant eu l’occasion et l’intense bonheur de la visiter récemment, j’écris ces quelques mots pour inciter les personnes qui peuvent encore y aller à le faire, elles ne le regretteront pas.

Même si on n’y connait rien en photo (ce qui est rarement le cas, et si vous êtes sur mon site, c’est que vous prenez des photos de temps en temps !), cette exposition est très accessible et pédagogique. Si vous souhaitez vous développer dans l’art photographique, elle est très didactique.

Un maitre de la composition

Cartier Bresson
1952 L’aquila, Abruzzes, Italie

Henri Cartier-Bresson (1908-2004) était fils d’une riche et cultivée famille d’industriels français. Cela lui aura surement bénéficié en terme de culture artistique, et l’on ressent nettement l’influence de la peinture, notamment l’art de la composition, dans ses photos. Selon lui, l’un des souvenirs les plus marquants de sa jeunesse a été la visite de l’atelier de peinture de son oncle Louis Cartier-Bresson, prix de Rome, à l’âge de 14 ans. Certaines photos de ses débuts ressemblent à des natures mortes, telles ces images de tissus,  d’objets, voire d’hommes emballés.

Je me suis notamment amusée à pister la règle des tiers dans ses clichés et j’ai admiré son exploitation habile de tous les éléments visuels qui peuvent mettre en valeur et rendre plus lisible une  image: quel admirable usage des diagonales, verticales (l’angle d’un bâtiment par exemple), ombres, comme lignes de perspective guidant notre lecture de ses photos.   La profondeur de champ n’avait aucun secret pour lui. Je vous en livre quelques exemples sur Pinterest.

Un formidable témoin de son époque

Henri Cartier Bresson, deux jeunes filles attendant le tram, Russie, 1954
Henri Cartier Bresson, deux jeunes filles attendant le tram, Russie, 1954

Un autre intérêt marquant de cette exposition est que, de par son travail  de reporter-photographe, HCB a été un témoin privilégié de toute l’actualité de la période après guerre. Après avoir fondé l’agence Magnum avec les photographes Capa, Rodger et Seymour, il a sillonné le monde entier,  et transmis des clichés, qui en plus d’être beaux et admirablement cadrés, ont un véritable intérêt historique. En 1954 un an après la mort de Staline, il est le premier photographe occidental à se rendre en Union Soviétique (le nom de la Russie à l’époque). Ses clichés montrent alors volontairement des scènes banales, tels ces deux militaires “matant” deux jeunes filles attendant un tram, une façon de témoigner que les Russes n’étaient pas si différents des Occidentaux malgré tous les “clichés” que véhiculait la propagande à l’Ouest.

Un humaniste engagé

Cartier Bresson
Dimanche sur les bords de Marne

Enfin, ce qui m’a le plus émue c’est la profonde humanité qui se dégage des son oeuvre. J’imagine bien l’homme: peut-être introverti, d’où son choix de la photographie pour s’exprimer, mais ayant tellement de choses à dire !  Il était doué pour monter les gens et leur âme, des plus démunis (voir sa période des photos d’indigents ou de prostitués au Mexique) aux plus grands de ce monde (Gandhi, le peintre Matisse …). Il savait aussi faire passer une certaine joie de vivre, un optimisme humaniste dans ses photos. À cet égard je retiens particulièrement une photo montrant deux couples pique-niquant sur les bords de la Marne. Ils sont de dos, ce qui en général n’agrémente pas une photo, sauf chez un maitre ! Et quel amusement de découvrir au bout de quelque temps qu’au premier plan un des hommes est en train de se servir un verre de vin rouge ! La composition de cette photo est à la fois travaillée et parfaite, et en même temps si naturelle: rien n’a été calculé. Il a su une fois de plus saisir le fameux “instant décisif “* pour déclencher .

Je terminerai par une citation de Henri Cartier Bresson:

  “Une photographie est pour moi la reconnaissance simultanée, dans une fraction de seconde, d’une part de la signification d’un fait et, de l’autre, d’une organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment ce fait.”

Et vous avez vous eu la chance de voir une de ses expositions ? Si oui, livrez-m’en vos impressions…

Annie, pour Mes-photos-se-livrent, société d’édition de livres photos

* l’instant décisif: la virtuosité à saisir la fraction de seconde où les formes s’organisent parfaitement dans le viseur.

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