Comment sécuriser vos photos… et dormir sur vos deux oreilles

Comment sécuriser vos photos… et dormir sur vos deux oreilles

Cela fait longtemps que je souhaitais parler de ce sujet, car il me tracasse beaucoup (surtout quand je suis en vacances, j’ai peur pour mes précieuses photos). Récemment, une cliente m’a dit avoir perdu toutes ses photos d’avant 2012 suite au vol de son ordinateur, dont celles de la première année d’existence de sa fille… Quel drame ! Alors je me suis dit qu’il y avait urgence à écrire cet article, afin d’éviter ce gros désagrément à d’autres. Je ne suis pas une experte en informatique, les solutions décrites ci-dessous sont  à la portée de chacun, avec un peu de persévérance…  A noter que la solution la plus pratique pour chaque personne peut différer, car elle est en fonction de ses besoins, de son équipement informatique, du débit de sa connexion internet et de son style de vie…  Mes sources, citées en bas de l’article vous aiguilleront aussi dans votre choix.

Nous sommes tous concernés

Lors d’une intervention sur la sécurité informatique dans les TPE (Très Petite Entreprise), la formatrice, informaticienne, m’avait particulièrement marquée avec l’information suivante : selon vous, en cas de perte des données informatique, que se passe-t-il pour une TPE ? Et bien dans 80 % des cas l’entreprise ne s’en remet pas et ferme dans l’année…

Quelles sont les 3 principales causes d’une perte des données informatiques ?

  • la défaillance du matériel informatique, ou du système d’exploitation
  • l’erreur humaine
  • le vol

C’est donc vital pour une TPE de s’organiser pour pallier à une perte de ses données informatiques. Et chez le particulier, même si les conséquences d’une perte sont moins dramatiques pour la continuité de son existence, elles sont tout aussi traumatisantes… on ne peut pas refaire des photos perdues. Il faut donc bien s’organiser pour se prémunir contre la défaillance du matériel, l’erreur humaine, et le vol.

Mieux vaut prévenir que guérir…

ordinateur en panne
Une panne d’ordinateur est si vite arrivée…

Plutôt que de passer du temps et de l’argent après la catastrophe informatique à essayer de récupérer des données sur un ordinateur qui a planté, ou à essayer de récupérer les photos que vous avez essaimées chez vos amis, sur les réseaux sociaux, ou ailleurs, mieux vaut passer du temps en amont pour organiser une sauvegarde bien faite et prévenir le problème.

Trois exemplaires dans deux endroits

Telle est la règle d’or, testée et approuvée… par tous les fabricants de disques durs de sauvegarde 🙂

Voici l’explication :

— le premier exemplaire, c’est le fichier d’origine, sur lequel vous travaillez, ou la photo que vous venez de charger sur votre ordinateur (parce, a minima, que vous les déchargez bien quelque part, ne me faites pas peur ?)

— le 2e exemplaire : c’est la copie de sauvegarde –  que vous devez organiser et systématiser de manière à ce qu’elle se fasse automatiquement, des explications vont suivre.

— le 3e exemplaire, c’est souvent là où on pêche : il faut qu’il soit à un autre endroit… chez votre grand-mère, à votre bureau, dans un coffre de banque… ou dans le cloud. Pour que cela soit vraiment sécure, il faut idéalement que ce soit suffisamment loin de votre premier exemplaire pour ne pas être soumis aux mêmes risques  (vol, incendie, inondation, crash d’un avion, toutes ces joyeusetés…)

Mais encore ?

Étape 1 : organiser votre première sauvegarde.

C’est ce qui va être votre deuxième exemplaire du fichier source.

Commencez par investir dans un disque dur de sauvegarde. Je mets en bas de cet article un lien vers une vidéo de Laurent Breillat, un blogueur spécialisé dans la photo, qui donne des conseils concrets sur le matériel avec lequel s’équiper, et sur comment installer cette sauvegarde.

À noter qu’il préconise les marques Itashi, ou HGST, et Western Digital en ce qui concerne  le disque dur de sauvegarde. Et deuxième conseil : prendre comme volume au minimum 1,5 fois la taille des dossiers que vous souhaitez sauvegarder. Car la sauvegarde en elle-même prend aussi de l’espace.

Les prix des disques durs sont devenus abordables : moins de 100 € pour 1 To, moins de 150 € pour 2 To et moins de 300 € pour 3 To, il n’y a plus de considérations financières pour ne pas agir.

Et si vous êtes propriétaire d’un Mac, la mise en route d’une sauvegarde automatique est un jeu d’enfant, car c’est prévu dans les applications du Mac : cela s’appelle Time-Machine. Zéro excuse pour ne pas la mettre en route ! Allez voir la vidéo de Laurent pour toutes les explications. Cette sauvegarde a aussi l’avantage de permettre de remonter dans le temps. Si vous avez effacé un fichier par erreur, vous pouvez, dans time-machine retourner au jour d’avant sa suppression et le récupérer. Magique, non ?

Étape 2 : organiser votre deuxième sauvegarde : to cloud or not to cloud ?

– Une solution sans les nuages :

Achetez un disque dur supplémentaire de sauvegarde (disque B), qui soit le même que celui utilisé pour la copie locale (disque A), et faites une sauvegarde complète dessus. Le principe est de stocker le disque B à l’extérieur (chez votre mamie, ou à votre lieu de travail  par exemple :-)), et d’échanger périodiquement votre disque A avec le disque B. Ainsi, à chaque fois que vous irez chez votre mamie, vous emporterez un disque de sauvegarde et vous l’échangerez avec celui chez elle.

Les avantages : solution meilleure marché que les solutions Cloud expliquées ci-dessous et qui évite l’énorme inconvénient du temps de chargement initial de vos données sur un site à distance.

Les inconvénients : si vous n’allez chez votre mamie que tous les 6 mois, et qu’on vous vole votre ordinateur + votre disque de sauvegarde, vous perdez 6 mois de donnés… cette solution nécessite donc une bonne régularité (15 jours – 1 mois, en fonction du degré de sensibilité et d’accumulation de vos données), et beaucoup de discipline. Or, au bout de quelque temps, on fait moins attention et on risque de négliger ses sauvegardes. C’est humain… Donc cette solution est un peu contraignante, mais cela peut fonctionner pour certains (moi, je connais mes limites…)

Attention aussi, la longévité « reconnue » des disques durs n’est que de 2 ou 3 ans.

– autre solution : le « cloud », ou stockage hors site et en ligne

Cloud

  • les solutions intégrées pour du stockage et du partage de données en ligne

Vous en avez certainement entendu parler, car ils ont dû vous contacter ou « s’inviter » dans vos applications, en fonction de votre équipement : iCloud sur Mac, Onedrive (Microsoft) sur PC, Google Drive,  Dropbox, Amazon cloud drive…

En formule payante chez ces prestataires, vous pouvez opter pour de grands espaces de stockage. Par exemple en février 2016 pour 1 To : iCloud, Dropbox, GoogleDrive 9,99 € par mois  et Onedrive 10 € par mois.

Ces services de stockage cloud  sont une bonne solution pour qui veut répliquer son disque dur pour pouvoir accéder à ses données depuis n’importe où et sur n’importe quel terminal (ordinateur, smartphone, tablette). Ces services sont également très commodes pour leurs fonctionnalités de partage : deux clics suffisent sur Dropbox ou Google Drive pour transformer un fichier en lien à partager par email ou SMS. Cependant, nous verrons ci-dessous d’autres solutions cloud qui correspondent plus à une logique de sauvegarde, donc qui me semblent plus adaptées et qui ont aussi l’avantage d’être moins chères.

  • Les Solutions des spécialistes photo :

Si vous ne voulez sauvegarder en ligne que des photos et vidéos, pourquoi ne pas vous tourner vers ces solutions qui ont en outre l’intérêt de permettre une consultation aisée et esthétique des photos  et un partage aisé ? 

  • Flickr propose 1 To d’espace gratuit, avec possibilité de garder confidentielles certaines photos téléchargées (contrepartie : des pubs dans les pages Flickr consultées…). Pour 50 €/an, on obtient un espace illimité et sans les pubs.
  • Joomeo : là le partage des photos est privatif : vous choisissez qui a le droit de voir les photos, et c’est français. Pour 60  €/an, on obtient un espace illimité et avec beaucoup de formats possibles (notamment possibilité de mettre les fichiers raw, les vidéos…)
  • Dans le même genre, il existe aussi SmugMug et 500px
  • Les solutions Cloud de sauvegarde pure

Elles permettent de stocker tout type de fichier. Ces services ont été créés spécialement pour mettre les données de l’utilisateur à l’abri. Ils n’offrent pas de possibilité de partager ses fichiers avec d’autres, mais permettent de sauvegarder son ordinateur et de restaurer n’importe quel fichier en cas de besoin. Ces solutions sont meilleures marché que les solutions intégrées décrites ci-dessus et sont faites par des sociétés spécialisées dans la sauvegarde : leur service est donc optimisé pour cela.

Trois prestataires semblent dignes de recommandations : Hubic (français), avec le bémol de ne pas proposer de solution de synchronisation automatique, Blackbaze, et Crashplan. Ces entreprises ont un service conçu pour sauvegarder l’intégralité d’un disque dur et pas que vos photos.

Le problème du robinet

back up informatiqueComme déjà mentionné plus haut, le gros inconvénient concernant ces services est le temps de chargement initial de vos données sur leurs serveurs à distance (votre première sauvegarde). Cela dépend bien sûr du volume des données à envoyer et du débit ascendant. Il faut savoir que les fournisseurs d’accès privilégient le débit descendant (pour télécharger des données) plutôt que l’ascendant. Avec des chiffres au hasard, mettons qu’une liaison ADSL2+ permet de recevoir des fichiers au rythme de 1 Megabit par seconde, elle les enverra à seulement 200 kbps. Ainsi, dans la vidéo en lien ci-dessous, avec une connexion « honnête », il a fallu 2,5 mois pour le chargement initial de 1,5 To de données. Il faut aussi bien paramétrer votre ordinateur pour que la sauvegarde se fasse même quand il est en veille, et optimiser la place accordée au flux « remontant » dans l’interface du prestataire.

Crashplan coûte 60 $/an. C’est un opérateur américain, mais l’interface existe aussi en français. C’est celle qui est montrée dans le vidéo en lien dans la section ressource ci-dessous.

Conclusion :

Autant l’étape 1 de la sauvegarde se met en place facilement, autant je ne trouve pas commode ni la solution de l’échange de disque dur dans un autre lieu, ni très sécurisant la solution cloud. Personnellement j’étais assez réticente avec l’idée de stocker mes  photos ou données sur un serveur situé je-ne-sais-où et géré par une société créée il y a peu : qui sait  si cette société existera encore dans 5 ans ? C’est pour cela que le problème m’a tracassé pendant longtemps : il était insoluble.

Finalement, avec réticence, j’ai opté pour la solution Cloud en choisissant Crashplan. Prudente j’ai cependant été mener ma petite enquête et j’ai regardé les commentaires dans différents forums concernant cette société (créée en 2001).  Je vous conseille d’en faire de même avant de choisir n’importe quel prestataire. Pour l’instant j’en suis encore à charger mes données initiales sur leur serveur (cela va prendre plus d’un mois). Je compléterai cet article en fonction de mon expérience avec eux. Mais comme la solution est en train de se mettre en place, je me sens à présent plus tranquille concernant la sécurité de mes photos.

Et puis ce n’est pas pour prêcher pour ma paroisse (mais un peu tout de même), un autre moyen très sécure et fiable de pérenniser ses meilleures photos consiste à les imprimer ou mieux encore, à les mettre en valeur dans un livre photo…

Et vous qu’avez-vous mis en place pour sauvegarder vos données ? Si vous des remarques ou des conseils à partager, n’hésitez pas à commenter cet article.

Annie, pour Mes-photos-se-livrent.com, société d’édition de livres photo.

 Ressources

Laisser un commentaire

Fermer le menu